Béryllium, filtre EVO2 et câblage Absolue Créations : les apports de la version Extrême
Pourquoi un tweeter à dôme en béryllium ? Ce métal léger présente l'un des meilleurs rapports rigidité/masse parmi les matériaux utilisés en acoustique et le son s'y propage environ deux fois plus vite que dans l'aluminium ou le titane. Le dôme se déplace donc comme un piston sur toute la bande audible. Ses modes de fractionnement sont repoussés au-delà de 20 kHz, ce qui réduit la distorsion et les traînages dans l'aigu. Sur la Joy 2 Extrême, ce dôme de 29 mm est motorisé par un aimant en néodyme. Sa surface émissive de 9,6 cm² lui permet de prendre en charge le haut-médium dès 2,2 kHz sans contrainte.
Le filtre EVO2 conserve ses pentes variables et son point de raccordement à 2,2 kHz, mais il monte d'un cran dans la qualité de ses condensateurs, de ses selfs et de ses résistances. Chaque composant bénéficie en outre d'un amortissement spécifique qui limite les vibrations mécaniques à l'origine des effets microphoniques. Les liaisons entre composants restent directes, sans soudure. Absolue Créations réalise un câblage interne propre à cette version (niveau 2) qui relie le filtre aux haut-parleurs et aux borniers. Ces derniers, signés Furutech, intègrent le matériau NCF (Nano Crystal Formula), destiné à dissiper l'électricité statique et à amortir les vibrations au point de contact avec le câble d'enceinte.
Le reste de la conception est commun à toute la gamme. Le coffret de 9 litres est dessiné sans faces internes parallèles. Ses parois atteignent 38 mm d'épaisseur, et 52 mm pour le dessus. La façade en Valchromat de 30 mm présente des bords chanfreinés. Cette rigidité permet d'obtenir un amortissement interne réduit au minimum. Le grave-médium de 15 cm à membrane en aluminium, avec une bobine de 30,5 mm, un support ventilé et une bague de court-circuit, travaille dans une charge bass-reflex accordée à 42 Hz, avec un évent sur le côté. Sur le plan électrique, la Joy 2 Extrême affiche une sensibilité de 86 dB (2 V/1 m) et une impédance de 4 ohms qui varie entre 3,5 et 7,5 ohms de 80 Hz à 25 kHz. Sa réponse s'étend de 47 Hz à 25 kHz à -3 dB dans l'axe.
Silhouette facettée et laque sous vernis mat : l'allure de la Joy 2 Extrême
Haute de 41,5 cm, large de 23,2 cm et profonde de 27,2 cm, la Joy 2 Extrême pèse 12,5 kg. Dans la partie haute de la façade, des pans inclinés encadrent le tweeter et accrochent la lumière, tandis que le 15 cm s'inscrit dans une surface plus lisse. La laque métallisée, protégée par un vernis mat, se décline en plusieurs teintes et offre un toucher satiné. Au dos, les bornes Furutech NCF sont fixées sur une plaque en inox de 5 mm d'épaisseur, gravée au laser. Le fabricant recommande de la poser sur un support d'une soixantaine de centimètres. Le découplage se choisit avec les pieds d'enceintes, en fonction de la nature du sol et du rendu recherché.
Écoute de la Joy 2 Extrême : un aigu plus résolu et un fond plus silencieux pour un réalisme saisissant
L'esthétique sonore de la gamme est bien présente : image large et profonde, grave dense pour un haut-parleur de 15 cm. La version Extrême repousse les curseurs de la résolution et de la précision sans pour autant basculer vers un rendu analytique. Le dôme en béryllium se remarque d'abord sur les attaques. Une cymbale ride frappée du bout de la baguette garde son impact métallique, puis s'éteint lentement en laissant entendre toute sa décroissance harmonique. Les cordes frottées gagnent en texture : le grain de l'archet devient plus palpable et il est plus facile de différencier deux violons d'une même section. Cette finesse ne s'accompagne d'aucune brillance ajoutée. L'aigu reste soyeux, la faible distorsion du béryllium donne la sensation d'une extension plus généreuse.
La rigidité du dôme profite également au haut-médium, là où le tweeter prend le relais à 2,2 kHz. Les voix féminines, la flûte ou le saxophone soprano gagnent en articulation dans cette zone sensible, avec des sibilantes nettes mais jamais sifflantes. La jonction avec le 15 cm est sans faille : une voix de soprano semble émise par une source acoustique unique. Les composants du filtre et leurs amortissements agissent plus discrètement, tout en produisant un effet qui s'installe au fil de l'écoute. Le bruit de fond est plus faible, ce qui permet de mieux distinguer les instruments sur un arrière-plan plus silencieux et clarifie l'étagement des plans sonores. Les informations de faible niveau prennent du relief, comme la réverbération qui prolonge un accord de piano ou un chœur placé au fond de la scène. Le câblage Absolue Créations et les bornes Furutech NCF accompagnent ce gain de transparence et préservent la continuité des timbres, du grave à l'aigu.
L'image stéréo se stabilise et se focalise davantage. Chaque musicien occupe une place nettement délimitée, y compris dans les masses orchestrales les plus denses. Sur une captation de musique de chambre, l'espace entre les pupitres et la profondeur de la salle se lisent avec une précision extrême. Pour exploiter ces apports, la Joy 2 Extrême demande une électronique qui ne masque pas la résolution de son aigu : un amplificateur intégré ou un ensemble préamplificateur et amplificateur de puissance stable sous 4 ohms, associé à une source Hifi de qualité. Les amateurs de jazz acoustique, de musique de chambre ou de répertoire vocal sont ceux qui percevront le plus rapidement l'apport du béryllium et du filtre optimisé.