Métronome Le DAC 3 Streamer : connectivité réseau et entrées numériques
La section de streaming communique via Ethernet Gigabit, les protocoles UPnP/DLNA et Roon Ready permettant de piloter la lecture depuis des applications mobiles ou des ordinateurs. Le module réseau permet d'accéder aux bibliothèques musicales stockées sur des NAS, des ordinateurs ou des serveurs dédiés, et prend en charge les formats PCM jusqu'à 24 bits/384 kHz et DSD jusqu'à DSD256. Les services de streaming haute résolution Qobuz et Tidal sont directement intégrés à l'interface de contrôle. Cinq entrées numériques permettent de connecter des sources externes : USB-B asynchrone avec isolation galvanique totale, AES/EBU, coaxiale S/PDIF, optique Toslink et I2S via connecteur HDMI. Cette polyvalence permet d'utiliser le convertisseur avec des transports CD haut de gamme, un téléviseur ou un ordinateur. L'interface I2S offre une liaison directe particulièrement adaptée aux sources audiophiles de référence.
Architecture et alimentation
La conversion repose sur les mêmes principes que le DAC 3 : FPGA propriétaire, étages discrets et séparation rigoureuse des sections numériques et analogiques. L'alimentation repose sur un transformateur toroïdal associé à une régulation multistages, chaque section critique bénéficiant de sa propre ligne stabilisée. Les sorties analogiques symétriques XLR et asymétriques RCA transmettent le signal vers des préamplificateurs ou des amplificateurs intégrés. Le châssis en aluminium anodisé mesure 115 x 450 x 435 mm pour 12,5 kg. Le boîtier est disponible en finition noir ou en silver. La façade épurée affiche les informations essentielles : source active, format du signal et fréquence d'échantillonnage. Une commande permet de naviguer entre les différentes entrées, tandis que le pilotage détaillé s'effectue via l'application de contrôle sur tablette ou smartphone.
Performance sonore : musicalité et polyvalence des sources
En lecture réseau, le DAC 3 Streamer déploie une image stéréophonique précise dans laquelle chaque source sonore occupe une position définie dans l'espace. La conversion préserve les subtilités des enregistrements haute résolution sans jamais accentuer artificiellement les détails, préservant ainsi l'équilibre tonal et la cohérence musicale, pour une expérience d'écoute axée sur l'émotion. La transition entre différentes sources, qu'il s'agisse d'un album local au format DSD ou d'un flux Qobuz en 24 bits/192 kHz, s'effectue sans que la signature sonore ne soit modifiée, témoignant ainsi de la cohérence du traitement assuré par le FPGA propriétaire.
Le grave affiche autorité et contrôle sur toute la gamme des basses fréquences : les notes de synthétiseur analogique dans la musique électronique révèlent leurs sous-harmoniques profondes avec une assise physique impressionnante, tandis que la contrebasse jazz conserve le mordant de l'attaque et le velouté du sustain. Les percussions marquent leur impact sans traîner : chaque frappe est distincte, même dans les passages rapides, et les toms conservent leur résonance naturelle sans prolongement artificiel. Dans les productions rock, la grosse caisse et la basse électrique cohabitent sans se masquer mutuellement, occupant chacune leur zone de fréquences avec clarté. Cette précision dans le grave ne sacrifie jamais la chaleur ni le poids, permettant aux formations acoustiques comme aux productions électroniques de conserver leur énergie fondamentale.
Les voix se positionnent naturellement au centre de la scène ou sur les côtés, selon le mixage, et dévoilent leur grain et leur texture avec une présence saisissante. Les chanteurs révèlent les inflexions de leur phrasé, les vibrations subtiles qui font l'âme de l'interprétation. Dans l'opéra, chaque voix du chœur conserve son individualité tout en formant un ensemble homogène. La restitution préserve l'intelligibilité des paroles sans artificiellement projeter les consonnes, ce qui permet de suivre les textes, même dans les langues étrangères. Les instruments du registre médium, du saxophone ténor au violoncelle, transmettent leurs timbres caractéristiques : le cuivré du premier, le boisé du second ; chacun conservant sa personnalité sonore, qu'il s'agisse d'un orchestre ou d'un combo de jazz.
L'aigu s'étend avec finesse et délicatesse, les harmoniques aiguës du piano se développant pleinement lors de la décroissance des notes, tandis que les violons solo déploient leur brillance sans jamais devenir agressifs, même dans les passages fortissimo des concertos romantiques. Les cymbales révèlent toute la complexité de leurs harmoniques, du ping initial au long shimmer métallique, variant selon la technique du batteur et le type de cymbale utilisé. Dans les musiques électroniques, les synthétiseurs à haute fréquence et les hi-hats programmés conservent leur définition sans fatigue auditive, permettant ainsi des sessions d'écoute prolongées. Cette extension maîtrisée apporte de l'air et de l'espace à la scène sonore sans jamais déséquilibrer le spectre vers l'analytique.
La scène sonore gagne en profondeur et en largeur de manière cohérente : sur un enregistrement de musique classique de qualité, les premiers violons se positionnent à gauche, les seconds à droite, les altos au centre, légèrement en retrait, et les violoncelles et contrebasses encore plus en arrière, recréant ainsi la disposition physique de l'orchestre. Les enregistrements binaurales ou les productions multipistes sophistiquées révèlent leurs intentions spatiales, plaçant certains éléments au premier plan tandis que d'autres évoluent en arrière-plan, sans jamais paraître artificiellement exagérés. Cette capacité à restituer les plans sonores profite autant au rock progressif qu'à la musique de chambre, chaque genre bénéficiant d'une spatialisation adaptée.
La dynamique s'exprime avec une amplitude impressionnante : les passages en demi-teinte d'un trio piano-contrebasse-batterie transmettent l'intimité d'un club de jazz, avec des baguettes qui effleurent à peine les peaux, puis le big band peut exploser dans un crescendo cuivré sans compression perceptible. Les fortissimo orchestraux déploient toute leur puissance sans saturation et les pianissimo conservent leur substance sans être amplifiés artificiellement. Cette préservation des nuances dynamiques permet aux interprètes de s'exprimer pleinement, leurs choix artistiques traversant intacts la chaîne de traitement. Dans les productions rock ou électroniques, souvent compressées à la source, le convertisseur ne rajoute pas de dynamique artificielle, mais restitue le matériau tel qu'il a été masterisé, révélant parfois les limites de la « guerre du volume » sans les rendre insupportables.
Face aux fichiers DSD natifs, le traitement révèle cette continuité particulière qui caractérise l'encodage 1 bit haute fréquence : l'absence de marche d'escalier se traduit par une fluidité organique dans laquelle les notes de piano se développent dans leur décroissance naturelle sans rupture, les cordes frottées glissent d'une position à l'autre avec une liaison parfaite et les transitions orchestrales s'enchaînent avec la continuité du monde acoustique réel. Cette qualité s'apprécie particulièrement sur les enregistrements de musique acoustique, dans lesquels la richesse harmonique trouve un écrin favorable. Sur des enregistrements moins parfaits sur le plan technique, le DAC 3 Streamer ne cherche pas à embellir artificiellement, mais présente le matériau source avec honnêteté, révélant parfois les limites de la captation sans pour autant les rendre désagréables. Cette transparence permet d'apprécier différentes esthétiques de production, du jazz direct en deux micros au rock multipiste compressé, qui conservent chacun leur caractère propre. Le convertisseur s'adapte aux exigences des systèmes haute fidélité, où la qualité de conversion conditionne directement la restitution finale. Il offre ainsi cette combinaison rare de précision technique et d'engagement musical qui transforme l'écoute en véritable expérience émotionnelle.