Lavardin Model MAP : spécifications techniques
Chaque unité délivre 55 W RMS sous 8 ohms et une puissance maximale de 110 W sous 2 ohms. La sensibilité d'entrée est de 780 mV pour une impédance d'entrée de 10 kΩ. La distorsion harmonique reste inférieure à 0,001 % à la puissance nominale, confirmant ainsi l'utilisation sans compromis des circuits à faible distorsion de mémoire, propriété exclusive de Lavardin Technologies. L'impédance nominale est de 8 ohms. La capacité de doubler la puissance jusqu'à 110 W sous 2 ohms confère aux MAP une réserve de courant appréciable pour piloter des enceintes à impédance variable ou difficile, sans perte de contrôle ni dégradation audible. Comme pour l'ensemble de la gamme, aucun trimmer de réglage ni condensateur électrochimique n'est présent dans les circuits actifs, ce qui garantit une longévité estimée à plus de soixante ans et justifie la garantie à vie offerte par le constructeur. Chaque unité pèse 12 kg et mesure 120 x 430 x 300 mm, pour un encombrement hors tout de 135 x 430 x 340 mm.
La distorsion de mémoire : le paramètre que les mesures classiques ne voient pas
Dans un transistor traversé par un signal audio, chaque impulsion modifie temporairement les paramètres internes du composant, notamment ses caractéristiques de phase, sans que celui-ci ait le temps de retrouver son état initial avant l'impulsion suivante. Ces résidus s'accumulent au fil du signal et le colorent de façon cumulative, principalement sous forme de distorsions de phase. Ce phénomène, identifié et quantifié par Jean-Christophe Crozel, fondateur de Lavardin Technologies, a été nommé « distorsion de mémoire ». Dans un étage de puissance, où les transistors sont soumis à des excursions de courant importantes et à des variations rapides de charge imposées par le haut-parleur, cet effet est proportionnellement plus marqué qu'en amont de la chaîne. C'est là que se joue une part essentielle de ce que l'on appelle communément « le son transistor », cette dureté et ce grain que l'on ne retrouve pas dans l'amplification à tubes, les électrons y circulant dans le vide sans laisser de trace dans la matière.
En développant un protocole de mesure permettant de réduire ces effets d'un facteur 100 dans ses circuits discrets, Lavardin Technologies résout le problème là où il se pose avec le plus d'acuité. Dans une configuration monobloc, chaque unité dispose de la totalité de ses ressources électriques pour un seul canal, ce qui permet aux circuits à faible distorsion de mémoire d'opérer dans les conditions les plus favorables qui soient. Comme pour l'ensemble de la gamme, aucun trimmer de réglage ni condensateur électrochimique n'est présent dans les circuits actifs, ce qui contribue à une longévité estimée à plus de soixante ans et justifie la garantie à vie offerte par le constructeur.
Deux boîtiers en aluminium usiné, épurés et aux finitions haut de gamme
Chaque unité reprend le châssis caractéristique de Lavardin Technologies : un alliage d'aluminium non magnétique usiné, anodisé et laqué, avec une paroi frontale de 10 mm fraisée dans de l'aluminium massif anodisé noir. La face avant est réduite à sa plus simple expression : aucun sélecteur de sources, aucun potentiomètre ; les radiateurs latéraux à grande surface d'émission forment une continuité visuelle avec le châssis. À l'arrière, une entrée sur connecteur RCA et un bornier de raccordement pour l'enceinte constituent l'intégralité du panneau. Les deux boîtiers peuvent être positionnés côte à côte dans un meuble ou disposés au plus près de chaque enceinte afin de réduire la longueur des câbles haut-parleurs.
Lavardin Model MAP : ce que la séparation totale des canaux libère
Le premier effet perceptible de cette configuration est une stabilité extrême de la scène sonore. Chaque instrument occupe une position fixe et clairement définie dans l'espace. La séparation entre les voies reste intacte, quelle que soit la complexité du morceau : sur les orchestrations les plus denses, les pupitres conservent leur position et leur identité, et les effets de spatialisation des enregistrements contemporains sont restitués avec une précision qui révèle les informations souvent masquées par d'autres configurations d'amplification.
L'alimentation entièrement dédiée à chaque canal se traduit par une autorité dans le grave que les amateurs de la marque connaissent déjà avec l'AP150, portée ici à un niveau supérieur. Chaque impact de grosse caisse, chaque accord de contrebasse arrive avec sa propre densité et son propre galbe, sans que les transitoires du canal opposé n'interfèrent avec l'alimentation. La texture du bas du spectre est particulièrement saisissante : un grave synthétique arrive en blocs avec sa propre couleur électronique, tandis que la contrebasse acoustique flotte avec sa résonance naturelle — les deux coexistent sans que l'un n'écrase l'autre ni ne vienne parasiter le médium. La dynamique est traitée avec une franchise et une rapidité qui rendent l'écoute physiquement engageante, quel que soit le répertoire, des plus intimistes aux plus denses.
Les médiums conservent la présence et la densité naturelles qui caractérisent tous les amplificateurs Lavardin. Les voix bénéficient d'un relief et d'une texture particulièrement convaincants, sans mise en avant artificielle : le phrasé, l'intention et les micro-inflexions d'une ligne vocale sont parfaitement restitués, qu'il s'agisse d'une soprano dans un enregistrement classique ou d'un chanteur de jazz capté en studio. Les instruments acoustiques occupent leur juste place dans l'espace, avec une fidélité de timbre qui touche autant le bois d'un piano que le grain d'une voix de ténor ou le corps d'un violoncelle. Dans le registre aigu, la suppression des interactions entre canaux met en exergue la restitution des harmoniques et des décroissances : les cymbales s'éteignent naturellement, sans traîne artificielle ; les cordes conservent leur texture fibrée jusqu'aux dernières harmoniques ; et les sifflantes des voix sont reproduites avec précision, sans aucune dureté. C'est dans ce registre que la restitution des MAP se distingue également d'un amplificateur stéréo : là où la présence d'interactions entre canaux tend à arrondir ou à durcir indistinctement les hautes fréquences, chaque canal traite son information de manière totalement autonome.
La micro-dynamique, c'est-à-dire ces petits événements qui se produisent entre les temps forts, les respirations des instrumentistes et les inflexions subtiles d'une ligne mélodique, est traitée avec le même soin que dans l'AP150, mais dans un environnement encore plus stable. Rien n'est atténué ni accentué : tout passe dans l'ordre et avec sa propre valeur. Le sens du rythme et du momentum est particulièrement développé : les changements d'impulsion sont restitués avec une justesse qui maintient le fil de l'interprétation, qu'il s'agisse d'un quatuor à cordes ou d'une production orchestrale dense. Les amplificateurs de puissance Model MAP révèlent tout leur potentiel lorsqu'ils sont associés au préamplificateur Lavardin Model CX42, dont les circuits partagent la même approche de réduction de la distorsion de mémoire.