Récompenses et bancs d'essai
Diapason d'Or (Model IS)
The Absolute Sound Golden Ear Awards
Test Lavardin Model ISx par Hi-Fi+ (article traduit en français)
Lavardin Model ISx : spécifications techniques
L'ISx est un amplificateur intégré stéréo qui développe 2 x 50 W RMS sous 8 ohms, avec une puissance pouvant atteindre 2 x 104 W sous 2 ohms. Cette puissance, présentée avec sobriété par le constructeur, ne reflète pas le comportement dynamique réel de l'appareil. En effet, les circuits Lavardin sont particulièrement insensibles à la charge, ce qui permet à l'ISx d'alimenter sans difficulté des enceintes acoustiques à faible rendement, comme des modèles à haut rendement et grande surface de haut-parleurs. La distorsion harmonique est inférieure à 0,005 % à la puissance nominale.
Cet amplificateur dispose de quatre entrées ligne sur connecteurs RCA dorés, sélectionnées par des relais étanches scellés à contacts en alliage d'or, d'argent et de palladium. L'impédance d'entrée est de 10 kΩ et la sensibilité d'entrée de 330 mV. L'entrée 4 peut recevoir une carte phono MM interne en option pour le raccordement d'une platine vinyle. Le boîtier, entièrement fabriqué en alliages d'aluminium non magnétiques usinés et anodisés, mesure 430 × 80 × 380 mm hors tout (430 × 70 × 300 mm hors connecteurs) pour un poids de 6,5 kg. Comme pour l'ensemble de la gamme, aucun condensateur électrochimique ni trimmer de réglage n'est présent dans les circuits, ce qui permet d'estimer la longévité de l'appareil à plus de soixante ans. L'ISx est garanti à vie par le constructeur.
La distorsion de mémoire - le paramètre que les mesures classiques ne voient pas
Pendant des décennies, les amplificateurs à tubes ont été préférés pour leur musicalité face aux amplificateurs à transistors, sans que personne ne parvienne à expliquer précisément pourquoi les mesures ne reflétaient pas ce que les oreilles entendaient. L'analyse classique des distorsions repose sur un modèle tonal : on mesure la distorsion harmonique, la distorsion d'intermodulation et la bande passante, autant de paramètres établis sur des signaux fixes, stables et reproductibles. Or, la musique est, par nature, un signal profondément lié au temps et en perpétuel changement. Les instruments de mesure traditionnels, calibrés sur des sinusoïdes à niveau et à fréquence constants, sont incapables de caractériser le comportement réel des circuits face à un signal musical.
C'est en explorant cette dimension temporelle que Lavardin Technologies a identifié un phénomène jusqu'alors ignoré : les semi-conducteurs en silicium conservent une trace temporaire des flux d'électrons qui les traversent. Cette rémanence, variable selon les constantes de temps propres à chaque composant, vient s'ajouter au signal audio et le brouiller de manière inaudible sur un banc de mesure, mais perceptible à l'écoute. Lavardin l'a nommée « distorsion de mémoire ». Les amplificateurs à tubes y sont naturellement moins sujets, car les électrons y voyagent dans le vide, sans contact avec un substrat solide, ce qui explique leur musicalité reconnue, malgré leurs limitations objectives en termes de puissance, de bande passante et de distorsion harmonique. En maîtrisant et en réduisant d'un facteur 100 ces distorsions de mémoire dans ses circuits à transistors, Lavardin parvient à obtenir, à l'écoute, le meilleur des deux technologies : la fluidité et la cohérence temporelle associées aux tubes, combinées à la puissance, à la précision et à la fiabilité des transistors.
Un design classique et intemporel
Le modèle ISx affiche une façade en aluminium brossé, avec deux boutons chromés pour sélectionner les sources et régler le volume. La face avant, d'une épaisseur de 6 mm, est fraisée à partir de blocs massifs, puis brossée à la main avant traitement anodique. Elle est disponible en noir ou en rouge. Le profil général reste délibérément compact et discret. À l'arrière, les connecteurs RCA individuels et les barrettes de raccordement des enceintes prolongent le soin apporté à la mécanique d'ensemble.
Lavardin Model ISx : transparence, précision et engagement musical
À l'écoute, l'ISx se distingue par sa transparence, sa précision et son engagement musical. Sa signature sonore est souvent décrite comme une synthèse inédite entre les qualités des amplificateurs à tubes — immédiateté, cohérence du timbre, disparition de la dureté — et celles des amplificateurs à transistors — transparence homogène sur toute l'étendue du spectre, vivacité jamais agressive, tenue de charge. Cette combinaison n'est pas le fruit d'un compromis, mais d'une approche différente du problème de la distorsion : en réduisant les effets de rémanence des circuits, l'ISx élimine la source principale de la fatigue ou de la dureté que l'oreille identifie dans l'amplification transistorisée classique.
Dès les premières minutes d'écoute, la précision temporelle s'impose avec évidence. L'ISx ne gomme pas les aspérités d'un enregistrement en les noyant dans une chaleur artificielle, ni ne les exhibe avec la froideur clinique de certains amplificateurs à transistors. Il restitue les événements musicaux avec une justesse de placement dans le temps qui donne l'impression d'être plus proche de l'interprétation elle-même, un effet que l'on découvre plus naturellement au fil d'une écoute ordinaire qu'au cours d'une séance de comparaison axée sur des passages démonstratifs. L'ISx ne se contente pas de démontrer toute son étendue sur les enregistrements de référence — même si sur ces disques, sa transparence et sa précision temporelle restituent chaque plan sonore, chaque timbre et chaque dynamique avec une justesse saisissante. Sa nature profonde se révèle également sur les productions moins parfaites. Ce comportement est directement lié à la réduction des distorsions de mémoire : en éliminant le brouillage temporel inhérent aux circuits classiques, l'ISx restitue l'essence d'une interprétation — le phrasé, l'intention, le rythme —, quelle que soit la valeur technique du support.
La balance tonale est équilibrée, sans mise en avant particulière des aigus ni épaississement artificiel des graves. Rien dans la musicalité de l'ISx ne relève du moelleux un peu trompeur que certains amplificateurs utilisent pour séduire rapidement à l'écoute. La transparence est réelle et homogène sur toute la bande passante et la micro-dynamique est particulièrement bien rendue : les petits événements entre les temps forts, les respirations des instrumentistes et les légères variations de pression d'archet sont restitués sans être atténués ni surlignés. La scène sonore est large et précise, sans être artificielle, avec un sens du rythme et de l'interaction instrumentale qui rend l'écoute continue et non analytique : on n'a pas besoin de tendre l'oreille pour percevoir les détails, ils arrivent naturellement.
La puissance de 2 x 50 W affichée suffit dans la grande majorité des configurations domestiques, mais c'est surtout le comportement en charge qui distingue l'ISx : ses circuits conservent leur cohérence aussi bien avec des enceintes bibliothèque à faible rendement qu'avec des enceintes colonnes à grand diamètre et haute sensibilité. L'ISx est l'un de ces rares amplificateurs qui changent durablement la perception de ce qui compte vraiment dans la reproduction musicale. Compact, sobre, fabriqué en France avec une exigence artisanale peu commune et garanti à vie, il repose sur une technologie dont la pertinence est confirmée à chaque écoute, et dont la pérennité n'est plus à démontrer.